Travail (nom masculin, subst. masculin)


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Labeur, application à une tâche, effort soutenu pour faire quelque chose; il se dit de l'Esprit comme du corps. "Long . Travail pénible. Un manuel. Le intellectuel. Les travaux de l'esprit. S'endurcir au . S'accoutumer au . Se faire au . Se mettre au . Quitter le . Aimer le . Se plaire au . Fuir le . Vous voilà au . Je ne veux pas vous détourner de votre . Faire cesser le . Huit heures de . Les heures du et celles du repos. Dieu bénisse votre . Vivre de son . Attendez du ciel la récompense de vos travaux."
Il désigne encore la Manière dont on le habituellement. "Il a le difficile, lent."
Il se dit aussi de l'Ouvrage même, de quelque nature qu'il soit, qui est produit par le labeur. "Un de longue haleine. Je lui ai fait voir mon ."
Il se dit spécialement d'un Ouvrage de l'esprit, d'une étude historique, philosophique, scientifique. "Il a publié un beau sur cette question."
"Travail de bénédictin," Produit d'un labeur considérable.
TRAVAIL se dit également de la Manière dont l'ouvrage est fait. "Travail exquis, délicat. Ce bijou est d'un beau ."
Il désigne encore l'Ouvrage qui est à faire ou auquel on le présentement. "Distribuer le aux ouvriers. Je ne puis faire cela à ce prix, il y a trop de . Le en souffrira. Entreprendre des travaux. Un ouvrier sans . J'ai beaucoup de à faire."
TRAVAUX, au pluriel, s'emploie pour désigner une Suite d'études, d'opérations, d'entreprises. "Il est au terme de ses travaux. Il poursuit ses travaux. Les travaux d'une assemblée, d'une commission, d'une académie. Les travaux des champs. Des travaux de couture, de broderie. Des travaux de terrassement. Les travaux de défense sont avancés. Des travaux d'embellissement, d'assainissement. Un entrepreneur de travaux publics. Le Ministère des Travaux publics."
"Les travaux d'Hercule," Les douze entreprises que la Fable lui attribue.
"Travaux forcés," Peine afflictive et infamante prévue par le code pénal. "Il fut condamné à" "vingt ans de travaux forcés. Les travaux forcés à temps. Les travaux forcés à perpétuité." En termes de Législation militaire, "Travaux publics" se dit d'une Peine analogue infligée aux soldats qui ont commis une faute grave contre la discipline.
TRAVAIL se dit, par extension, de l'Action des forces de la nature. "Le de la fermentation. Le des eaux le long des rives d'un fleuve." Fig., "Les esprits sont en ."
"Travail d'enfant" ou simplement "Travail" se dit des Opérations de la nature dans l'accouchement, des douleurs de l'enfantement. "Elle était en d'enfant. Le est commencé."
TRAVAIL, en termes de Mécanique, se dit du Produit d'une force appliquée en un point. "Le d'une machine."
En termes d'Économie politique, il désigne le Labeur humain considéré comme facteur essentiel de la production. "Le capital et le ."
En termes de Jurisprudence, il désigne le Labeur humain considéré sous le rapport des conflits qu'il soulève et des règlements qu'il y faut apporter. "La réglementation du . Un contrat de . Les accidents du . L'Office du Travail. Le Ministère du Travail."
En termes de Manège, il se dit des Exercices que l'on fait faire à un cheval.



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 


T. d'Arts
Machine à quatre piliers, entre lesquels les maréchaux attachent les chevaux vicieux pour les ferrer ou pour les panser. "Mettre un cheval au pour le ferrer."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Nom donné à des machines plus ou moins compliquées, à l'aide desquelles on assujettit les grands animaux, soit pour les ferrer, quand ils sont méchants, soit pour pratiquer sur eux des opérations chirurgicales.
SÉV.: « Vous connaissez mes chevaux, ils sont fort beaux ; celui qui s'appelle le Favori était au ; on lui faisait le poil de l'oreille, ne vous en déplaise, il s'est mis en furie ; on a voulu lui rendre sa liberté ; il s'est jeté comme un furieux par-dessus les barres, et s'est crevé le coeur »
    Au plur. Des s.

 2   Par extension du sens d'instrument qui assujettit, gêne, fatigue ; c'est le sens primordial comme le montre l'historique. (En cette acception, le pluriel est travaux, tra-vô ; l'x se lie : des travô-z immenses.)
MOL.: « Mais ce sensible outrage Se mêlant aux travaux d'un assez long voyage.... »
BOILEAU: « Rare et fameux esprit [Molière], dont la fertile veine Ignore, en écrivant, le et la peine »
RAC.: « Pensez-vous que ces coeurs, tremblants de leur défaite.... Cherchent avidement sous un ciel étranger La mort et le pire que le danger ? »
J. J. ROUSS.: « Mais une dure loi, des dieux mêmes suivie, Ordonne que le cours de la plus belle vie Soit mêlé de travaux »

 3   Soins et soucis de l'ambition.
BOSSUET: « Est-ce là le fruit du dont vous vous êtes consumés sous le soleil ? »

 4   Inquiétude.
SÉV.: « Entrez dans ces raisonnements [de Pompone, conjecturant que les menaces de guerre vont se dissiper].... et ne vous mettez point si tôt en ; c'est dommage de perdre vos douleurs »

 5   Travail d'enfant, ou, simplement, , douleurs de l'enfantement, ou, techniquement, succession de phénomènes violents et douloureux dont l'ensemble caractérise la fonction de l'accouchement.
MOL.: « Quelque prétexte spécieux de pèlerinage nocturne, ou d'amie en d'enfant, que vous veniez de secourir »
BOSSUET: « Quand on entend les cris d'une femme en qui sont médiocres et languissants, on dit : elle n'accouche pas encore.... »
BOILEAU: « Que produira l'auteur après tous ces grands cris ? La montagne en enfante une souris »
Mme DE CAYLUS: « Cette fille s'est tuée pour avoir voulu partir de Fontainebleau le même jour que le roi, quoiqu'elle fût en et prête à accoucher »
A. CHÉN.: « À des travaux affreux Lucine nous condamne »
    Fig.
BOSSUET: « Étaient-ce [les troubles de la Fronde] les derniers efforts d'une liberté remuante qui allait céder la place à l'autorité légitime ? ou bien était-ce comme un de la France prête à enfanter le règne miraculeux de Louis ? »
BOSSUET: « Si, touchés des saints exemples que je vous propose, vous laissez attendrir vos coeurs ; si Dieu a béni le par lequel je tâche de vous enfanter en Jésus-Christ »
GILBERT: « Thomas est en d'un gros poëme épique »

 6   Peine qu'on prend pour faire quelque chose. Le du corps. Le de l'esprit.
SACI: « L'homme est né pour le , comme l'oiseau pour voler »
LA FONT.: « D'argent, point de caché ; mais le père fut sage De leur montrer avant sa mort Que le est un trésor »
BOSSUET: « Par le on charmait l'ennui, on ménageait le temps, on guérissait la langueur de la paresse et les pernicieuses rêveries de l'oisiveté »
BOSSUET: « Après de grandes maladies causées par de grands travaux »
BOSSUET: « Au moment que j'ouvre la bouche pour célébrer la gloire immortelle de Louis de Bourbon, prince de Condé, je me sens également confondu et par la grandeur du sujet et, s'il m'est permis de l'avouer, par l'inutilité du »
BOILEAU: « Je sais qu'un noble esprit peut, sans honte et sans crime, Tirer de son un profit légitime »
BOILEAU: « Mon père, soixante ans au appliqué, En mourant me laissa.... »
RAC.: « Aux larmes, au le peuple est condamné »
LA BRUY.: « Celui qui aime le a assez de soi-même »
FÉN.: « Chacun est touché de sa patience, de son , de sa tranquillité »
Mme DE PUISIEUX: « L'homme dont il est question avait un état qui, en l'obligeant à un assez doux, le mettait dans le cas d'être utile »
VOLT.: « Forcez les hommes au ; vous les rendrez honnêtes gens »
VOLT.: « La nature est inépuisable ; Et le infatigable Est un dieu qui la rajeunit »
VOLT.: « Le éloigne de nous trois grands maux, l'ennui, le vice et le besoin »
DIDER.: « Le , entre autres avantages, a celui de raccourcir les journées et d'étendre la vie »
RAYNAL: « Le modéré fortifie, le excessif accable »
MIRABEAU: « Le est le pain nourricier des grandes nations »
DELILLE: « Les plaisirs du manquaient à l'âge d'or ; J'en hais l'oisiveté, j'en aime l'innocence »
DELILLE: « Le veut un but : au bout de la carrière On s'anime à sa vue et surtout on espère »
A. CHÉN.: « La force et le , que je n'ai point perdus, Par un peu de repos me vont être rendus »
REYBAUD: « De tous les moyens qui conduisent à la fortune, les deux plus sûrs sont la persévérance et le »
    Maison de , maison de détention où l'on fait ler les détenus.
    Homme de , homme qui gagne sa vie par un métier pénible.
    Homme de grand , homme très laborieux.
    Terme de fauconnerie. Oiseau de grand , oiseau fort dans son vol, et ne se rebutant jamais.

 7   Service auquel on soumet les animaux.
MOL.: « Le [pour des chevaux] ne sera pas grand, d'aller jusqu'à la foire »
    Bêtes de , les boeufs, chevaux, etc. employés au .
    Terme de manége. Se dit des différents exercices du cheval.
    Travail de plate-longe, exercice auquel on assujettit généralement les élèves, dans les premières leçons.

 8   Se dit de l'action d'une machine ou du résultat de cette action.
    Travail moteur, celui qui est développé par une force motrice ; résistant, celui qui est développé par une force résistante.

 9   Terme de mécanique. Travail élémentaire d'une force qui agit sur un point mobile, le produit de la force tangentielle par l'élément de chemin parcouru.
    Travail total de la force, la somme de ses travaux élémentaires. Quand la force est constante en grandeur et en direction, et que le point sur lequel elle agit se déplace suivant la direction de la force, son est égal au produit de la force par le déplacement du point. Dans ces évaluations, la force étant exprimée en kilogrammes, et le déplacement en mètres, le est exprimé en kilogrammètres.

 10   Il se dit, par analogie, de l'action mécanique des agents naturels.
BUFF.: « Le fonds actuel de notre terre était la surface du globe primitif avant le des eaux »

 11   Travail à mouiller, façon qu'on donne aux peaux pour en faire du parchemin.
    Travail de rivière, préparation qu'on donne aux peaux avant de les tanner.

 12   Terme de vénerie. Endroit où le sanglier a remué la terre. Pas de pluriel en ce sens.

 13   L'ouvrage même qui est le résultat du . Un beau .
BOILEAU: « Afin qu'en ta vieillesse un livre en maroquin Aille offrir ton à quelque heureux faquin »
BOIL.: « Un poëme excellent où tout marche et se suit N'est pas de ces travaux qu'un caprice produit »

 14   La manière dont un ouvrage est fait. Travail exquis, délicat.
    Ce bijou est d'un beau , le en est délicat.

 15   Manière dont on le, surtout en parlant des oeuvres de l'esprit, de la besogne administrative. Il a le facile, difficile, lent, etc.

 16   Le soin excessif que l'on apporte à quelque chose. Ses vers sentent le .
BERNIS: « Plus l'esprit a de liberté, Plus sa lumière est vive et pure : Le a souvent gâté L'ouvrage heureux de la nature »

 17   Ouvrage qui est à faire, ou qui est actuellement en cours d'exécution. Entreprendre un . On a suspendu les travaux. Donner du aux ouvriers.
CONDIL.: « Des travaux de toutes espèces et la liberté du choix accordée à tous les citoyens, voilà la vraie source des richesses »

 18   Travail libre, le des hommes libres, par opposition à servile, dans les pays à esclaves.
WALLON: « Cette extension de la propriété devait rompre l'équilibre entre le libre et le servile jusque dans la vie des champs »
    Travail attrayant, se dit, dans le système fouriériste, du librement choisi, alternant, distribué par courtes séances, par séries et par groupes, tel qu'il devra être organisé dans le phalanstère.
    Travail forcé, auquel on ne peut se soustraire.
MONTESQ.: « On peut, par la commodité des machines que l'art invente ou applique, suppléer au forcé qu'ailleurs on fait faire aux esclaves »
     Décret du 23 flor. an II, Rapp. Cambon, p. 90: La plupart [des rentiers] sont à l'abri des maladies de l'enfance, des dangers qui accompagnent certaines professions, de l'extrême misère et des travaux forcés
     ib.: Si on établissait un ordre le mortalité pris parmi les soldats ou gens de mer, ou parmi les citoyens qui s'occupent aux travaux forcés
    Travaux forcés, peine afflictive et infamante à laquelle on condamne les criminels.

 19   Il se dit des ouvrages que l'on fait pour l'embellissement, pour l'assainissement, pour l'utilité générale. Des travaux d'assainissement. Les travaux faits à Paris.
MONGEZ: « Suétone nous a conservé le détail des travaux publics que Rome doit à la munificence de ces citoyens »
STAËL: « La nature y a repris [au Colisée, à Rome] son empire sur les travaux des hommes, et la beauté des fleurs console de la ruine des palais »
    Dans les chemins de fer, travaux d'art, ponts, viaducs, etc. en un mot tout ce qui n'est pas le simple creusement de la voie.
    Travaux publics, ouvrages faits aux frais de l'État pour l'utilité publique.
    Dans la législation militaire. Travaux publics, peine infligée aux militaires qui ont déserté à l'intérieur.
    Les travaux de la campagne, l'ensemble des opérations de l'agriculture.
BARTHÉLEMY: « Des philosophes célèbres, tels que Démocrite, Archytas, Épicharme, nous ont laissé des instructions utiles sur les travaux de la campagne ; et, plusieurs siècles auparavant, Hésiode les avait chantés dans un de ses poëmes »
    Travaux, l'ensemble des opérations par lesquelles on procède à la construction.

 20   Particulièrement. Remuements de terre, tranchées que font les troupes pour l'attaque ou la défense d'une place, pour fortifier un camp, etc. C'est un ingénieur qui conduit ce . Le de cette nuit a été poussé jusqu'à tel endroit.
    Plus usité au pluriel. Ruiner les travaux des assiégés.
HAMILT.: « Une sortie qui nettoyait la tranchée, comblait les travaux.... »

 21   Au plur. Examen, discussion, délibérations, en parlant d'un corps. Le parlement suspendit ses travaux. Les travaux de la commission, d'une académie.

 22   Compte qu'un ministre rend au prince des affaires de son département, que les commis rendent aux ministres de celles qui leur ont été renvoyées. Le prince, à son , a décidé que.... C'est l'heure de son avec ses commis.
GENLIS: « Le des ministres chez Mme de Maintenon parut avec raison la chose du monde la plus surprenante »
    En ce sens, le pluriel est s. Ce ministre a eu plusieurs s cette semaine avec le roi.
    On disait de certaines places dont les titulaires rendaient compte immédiatement au roi : Ces places ont le , donnent le .

 23   Au plur. Entreprises pénibles et glorieuses.
CORN.: « Dis-moi ce que tu vaux, Conte-moi tes vertus, tes glorieux travaux »
BOSSUET: « Qu'est-ce donc qu'il a souhaité ce grand Alexandre, et qu'a-t-il cherché par tant de travaux et tant de peines qu'il a souffertes lui-même et qu'il a fait souffrir aux autres ? »
RAC.: « Sans que ta mort encor, honteuse à ma mémoire, De mes nobles travaux vienne souiller la gloire »
    Oeuvres littéraires. Mais de les égaler à ces fameux auteurs.... Et de voir leurs travaux avec la révérence Dont je vois les écrits d'un Plaute et d'un Térence ROTROU, Saint-Genest, I, 5.
    Il se dit quelquefois au singulier.
ROTR.: « Seul on s'acquitte mieux d'une grande entreprise, Le s'affaiblit alors qu'il se divise »
RAC.: « Hercule, respirant sur le bruit de vos coups, Déjà de son se reposait sur vous »
    Les travaux d'Hercule les douze entreprises que la Fable lui attribue.
ROLLIN: « Eurysthée et Hercule vinrent au monde le même jour ; mais, la naissance du premier ayant été avancée par la fraude de Junon, Hercule lui fut soumis, et obligé de subir, par son ordre, les douze travaux si célèbres dans la Fable »

 24   Élaboration.
CHATEAUBR.: « Des amphores pleines d'un vin de Chio devenu comme un baume par le long des ans »
    En physiologie, mouvement vital qui produit certaines actions.
CABANIS: « Le périodique par lequel cette évacuation [des règles] se reproduit »
    En pathologie, mouvement vital qui produit telle ou telle lésion. Le local de la tuberculisation.
    Dans le langage des convulsionnaires de Saint-Médard, les travaux, les convulsions.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Lois de Guill. 32: E li wardireue si avrad pur son ....
    XIIème siècle
     Couci, X: Car riens, fors moi, ne poroit endurer Les grans travaus [peines] que j'ai pour li [la] servir
CABANIS: « Et si [je] me sui mis à sa volenté Que nus travaux mon desir ne rafraigne »
CABANIS: « Car, se Dieu plest, encor [elle] me saura gré De mon et de ma longue paine »
     Rois, p. 205: Les z de mort me unt aviruned, e les ovres Belial me unt espovented
    XIIIème siècle
     Berte, XXVII: Ce jour ot la royne et peine male
     Psautier, f° 110: Et li plus de nos ans est travauz et douleurs
     Fl. et Bl. v. 1722: Moult me sanle [semble] que çou soit gas [que ce soit plaisanterie], Que vos dras vendés à detail ; D'autre mercié [marché] avés [souci]
     Liv. des mét. 45: Et si il a le congié du voier, il doit six sols de hauban au roy, se il met son hors de son hostel [il s'agit du pour les chevaux]
    XIVème siècle
MACHAUT: « [Mon cheval] Le marischal a defoulé, Et s'a son vallet affolé, Et à la force de ses reins Ha rompu deus travaus à Reins »
    XVème siècle
FROISS.: « Il y ot en l'eglise à l'obseque un auquel il y avoit sept cens chandelles, et sur ce avoit cinq bannieres »
FROISS.: « Ils guerroyerent le pape etles cardinaux, et leur firent moult de travaux »
CH. D'ORL.: « Après le jour qui est fait pour traveil, Ensuit la nuit pour repos ordonnée »
COMM.: « Songe en complainte. Je croy que le qu'il [Louis XI] eut en sa jeunesse, quant il fut fugitif de son pere et fuyt soubs le duc de Bourgongne où il fut six ans, luy vallut beaucoup »
COMM.: « Il vivoit en grant ; car le roy le sollicitoit par plusieurs messagiers.... [le connétable de Saint-Pol] »
    XVIème siècle
AMYOT: « Elle mourut en , sans jamais se pouvoir delivrer de son enfant »
AMYOT: « Leurs femmes se trouvoient desjà si mal, qu'elles ne pouvoient plus nullement endurer le de la mer »
AMYOT: « Il gravit tant qu'il arriva avec beaucoup de jusques à la muraille »
AMYOT: « Il trouva les habitants lez de guerres civiles et de continuelles oppressions de tyrans, desquelz travaux il les garentit »
D'AUB.: « Je veux.... Me livrer aux travaux de la pesante histoire »
     le Flambeau de la navigation, p. 32, dans JAL: Les premiers les ou bancs secs qui s'estendent depuis Hableneuf [le Havre] jusques à Honfleur

ÉTYMOLOGIE
    Wallon, trava, de maréchal ; provenç. trabalh, trebalh, trebail, fatigue ; esp. trabajo, fatigue ; portug. trabalho, fatigue ; ital. travaglio, de maréchal et fatigue. Il est impossible de séparer des maréchaux et , peine, fatigue, pour la forme, ni même pour le sens ; car, de qui assujettit les animaux, on passe sans peine à , gêne, sens primordial ( de labors, Job. 454). Travail se tire du prov. travar, entraver, du lat. trabs, poutre. Dans l'ancien français li travaus est au nominatif singulier, le , au régime.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Labeur, fatigue, peine qu'on prend pour faire quelque chose. Il se dit De l'esprit comme du corps. "Grand . Travail long. Travail pénible. S'endurcir au . S'accoutumer au . Se faire au . Se mettre au . Quitter le . Aimer le . Se plaire au . Fuir le . Vous voilà au . Je ne veux pas vous détourner de votre . Faire cesser le . Deux heures de . Les heures du et celles du repos. Dieu bénisse votre . Dieu bénira vos travaux. Attendez du ciel la récompense de vos travaux. Les travaux apostoliques. Les travaux de l'épiscopat."
"Homme de ," Celui qui gagne sa vie par un métier pénible; et, "Homme de grand ," Celui qui est fort laborieux.
"Maison de ," Maison de détention où l'on fait ler les détenus.
"Travail d'enfant," ou simplement, "Travail," se dit Des opérations de la nature pour procurer l'accouchement. "Elle était en d'enfant," ou "en . Elle eut un long et périlleux. Le dure depuis telle heure."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi de L'ouvrage même, de quelque nature qu'il soit, et de La manière dont il est fait. "Un beau . Un grand . Un de longue haleine. Travail exquis, délicat. Ce bijou est d'un beau ," Le en est délicat. "Je lui ai fait voir mon . Exposer son à la censure du public."
Il signifie aussi, La manière dont on le habituellement. "Il a le facile, difficile, lent, etc."
Il signifie encore, L'ouvrage qui est à faire, ou que l'on fait actuellement. "Distribuer le aux ouvriers. Je ne puis faire cela à ce prix, il y a trop de . Le en souffrira. Les travaux à faire pour la construction d'un édifice. On a commencé, suspendu, interrompu, abandonné, repris, continué les travaux. Entreprendre des travaux."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit particulièrement Des remuements de terre que font des troupes, soit pour attaquer, soit pour se défendre, et principalement de La tranchée que font les assiégeants pour attaquer une place. "Cet officier était à la tête du . Cet ingénieur conduisait le . Le de cette nuit a été poussé jusqu'à tel endroit."
Il se dit plus ordinairement au pluriel, en parlant Des ouvrages que l'on fait pour l'attaque ou pour la défense des places, pour la fortification d'un camp, d'un poste. "Beaux travaux. Grands travaux. Des travaux avancés. Quand les travaux de cette place furent achevés. Visiter les travaux. Combler les travaux des assiégeants. Ruiner les travaux des assiégés."
Il se dit également Des ouvrages que l'on fait pour l'embellissement ou l'assainissement des villes, pour l'utilité générale. "Les travaux publics de Paris. Directeur des travaux publics."
"Travaux forcés," Une des peines afflictives et infamantes prononcées par le code pénal, et qui remplace les galères. "Il fut condamné à vingt ans de travaux forcés. Les travaux forcés à temps. Les travaux forcés à perpétuité." Dans la Législation militaire, "Travaux publics," se dit d'Une peine analogue, mais moins grave, infligée aux militaires qui ont déserté à l'intérieur.



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit en outre Du compte que chaque ministre rend au roi des affaires de son département, et Du rapport que les commis font au ministre de celles qui leur ont été renvoyées. Dans ce sens, le pluriel est "Travails. Le roi, à son , a décidé, etc. C'est aujourd'hui jour de de tel ministre avec le roi. C'est l'heure de son avec ses commis. Ce ministre a eu plusieurs s cette semaine avec le roi." On a dit De certaines places dont les titulaires rendaient compte immédiatement au roi, "Ces places ont le , donnent le ."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi d'Une espèce de machine de bois à quatre piliers, entre lesquels les maréchaux attachent les chevaux vicieux pour les ferrer ou pour les panser. "Mettre un cheval au pour le ferrer." Dans cette acception, "Travail" fait également "Travails" au pluriel.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

TRAVAILLER, v. act. et n. TRAVAILLEUR, s. m. ["Tra-vail", "va-glié", "glieur": mouillez l'"l" final du prem. et la double "ll" des deux aûtres: "ai" n'y a pas le son d'"è"; mais l'"a" y conserve son propre son; et l'"i" n'est là que pour marquer l'"l" mouillée. Au plur. "travaux"; pron. "travô"; 2e lon.] "Travail" est 1°. en général, la peine qu'on prend; la fatigue qu'on se done pour faire quelque chôse: il se dit de l'esprit comme du corps. On dit d'un homme d'étude, comme d'un artisan; qu'il "aime le ", qu'il s'est acoutumé "ou" endurci; qu'il se plait, se fait, se met "au "; qu'il quite, qu'il fuit "le ". 'Ici (à St. Cyr) "le " amuse et le plaisir instruit. L'Ab. "Du-Serre-Figon". '"Le " du corps n'est agréable que l'orsqu'il est modéré; mais "le" plus grand "travail" de l'esprit est quelquefois le plus délicieux. L'Ab. "Trublet".
- 2°. Il se dit de l' ouvrage, qui en est le fruit. 'Ce Dictionaire est "un" grand "travail:" il serait glorieux pour l'Auteur que ce fût "un" beau "travail": mais ce qui est sûr, c'est que c'est "un " de longue haleine. 'Faire voir "son " à un ami, l'exposer à la censûre de, "etc."
- 3°. Il se dit de l'ouvrage, qui est à faire. 'Distribuer "le " aux ouvriers.
- 4°. En particulier, remuement de terre que font les troupes. 'Cet Ingénieur conduisait "le ". 'Nous comblâmes "les travaux" des Énemis. visiter "les travaux"; ruiner "les travaux" des Assiégés, "etc."
- 5°. Il s'emploie aussi au pluriel pour signifier certaines entreprises remarquables, comme "les travaux" d'Hercule; ou pénibles et glorieuses: ce guerrier n' a pas reçu la récompense de "ses travaux"; ou méritoires, quoique obscûres: si nous soufrons pour J. C. il nous donera le Ciel pour prix de "nos travaux". 'D'ordinaire, les succès de l' éducation sont achetés par de longs "travaux;" et qui ne sait pas les atendre, ne mérite pas de les obtenir. L'Ab. "Du-Serre-Figon".
- 6°. "Travail d'enfant", ou simplement "Travail"; l'état où est une femme lorsqu'elle comence à sentir des douleurs pour acoucher. 'Elle était "en d'enfant", ou, "en ". La Sage femme "l'avait mise" trop tôt "en ". '"Son " fut long et périlleux.
- 7°. Machine de bois à quatre piliers, entre lesquels les maréchaux atachent les chevaux vicieux pour les ferrer ou les panser.
   TRAVAILLER, neutre. C'est prendre quelque fatigue de corps ou d'esprit. '"Travailler à" la terre, "au" jardinage, "à" un bâtiment; "à" un Poème; "à" sa fortune; "à" son salut";" {C731a~} "à faire réussir" un projèt, "etc." 'Il est tems que je "travaille pour moi", puisque ceux à qui j'avais sacrifé mes intérêts, m'ont si mal servi. "Cic." à "Atticus". MONGAULT. Et sans régime. 'Il "travaille" sans relâche; nuit et jour; continuellement. 'Il se tûe "de ler". 'Il s'est épuisé à "travailler". '"Travailler" utilement. 'Il "travaille" en vain. = On le dit aussi des chôses.
- Le poumon "travaille", il soufre; il est opressé. Son estomac "travaille"; il a de la peine à digérer. 'Ce bois, ce mur "travaille", il se déjette; cette poûtre "travaille:" elle se déjette, parce qu'elle est trop chargée. Ces ressorts "travaillent", ils sont dans un état violent. = "V. act." Façoner. 'Ils "travaillent" bien "le" fer, "le" marbre. = Faire avec aplication, avec soin. 'Il "a lé cette" pièce, "ce" discours pendant long-tems et avec soin. 'Poème, Discours bien "travaillé". Les vers, pour être naturels et faciles, doivent être "travaillés". l'Ab. "Trublet". = Tourmenter, causer de la peine. 'Cette fièvre "le le" cruellement. 'J'ai eu un songe, qui "m'a lé" toute la nuit. 'Il est "travaillé de" la goutte, "de" la pierre, "etc." 'Il "se le" pour rien: elle "se le" l'esprit, l'imagination. 'Vous "vous lez" en vain, mon bon ami, "à chercher" la pierre philosophale. = * Il me semble qu'il vieillit en ce dernier sens: aûtrefois on en faisait un grand usage. 'Un autre soin "me le". BOSS. '"Se ler" vraiment "à réduire" les comédies aux règles sévères de la vertu. "Id." 'Rome "travaillée par" ses dissensions civiles, négligea les afaires d'Asie. "Montesq."
   Le soin, qui "vous le",
   Vous le feroit chercher jusqu'au champ de bataille.
       Racine, "Alexandre".
  Ne laissez point languir l'ardeur, qui "vous le".
      "Id." "Ibid."
Cette dernière expression n'est pas aussi juste que la première, dit M. "Racine" le Fils: "l'ardeur qui vous le" a quelque chôse qui fait de la peine. Dans ces deux endroits, le Poète veut dire la même chôse";" mais "soin" s'allie plus volontiers qu'"ardeur" avec "travailler", "tourmenter", "agiter". "La Chaussée" a dit encore "se ler" pour "se tourmenter"
   Dans la confusion de vos tristes pensées,
   Votre esprit "se le" et se perd à plaisir.
= On disait même aûtrefois "travail" pour {C731b~} "inquiétude", "sollicitude". L'Eglise, par "le" pieux " qu'"elle ressentoit pour les mourans, inculquoit l'importance de ce terrible passage. "Boss."
- "Voiture" dit "le de la mer". = On ne le dit plus que des douleurs de l'acouchement.
   La montagne "en " enfante une souris.
Voy. plus haut, "Travail", n° 6°. = Mde "de Sévigné" emploie celui-ci au figuré. Elle dit à sa Fille. 'Entrez dans ces raisonemens.... et ne "vous mettez" pas sitôt "en ": c'est domage de perdre vos douleurs; c. à. d. de vous inquiéter sans sujet.
   TRAVAILLEUR, celui, qui le à quelque ouvrage de corps ou d'esprit. 'Il est médiocre ouvrier, mais grand "travailleur": 'C'est "un leur": il le beaucoup. = Au pluriel, les soldats qu'on emploie à remuer la terre, à faire des retranchemens~. 'Les Assiégés firent une sortie et tombèrent sur "les leurs"




Emplacement dans le dictionnaire :

traquer
traquèt
traquet
traqueur
tratte
traumatique
traumatiquement
traumatisant
traumatisme

travaillant
travaillé
travailler
travailleur
travailliste
travaïole
travaux
travée
travee
travée de balustres
travellage




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...condescendance légèrement railleuse, elle s'était prêtée à cette fantaisie de ma part, fantaisie qu'avec ses idées tahitiennes elle s'expliquait à peine. Dans ce pays où la misère est inconnue et le travail inutile, où chacun a sa place au soleil et à l'ombre, sa place dans l'eau et sa nourriture dans les bois, -les enfants croissent comme les plantes, libres et sans culture, là où le caprice de leurs...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...; dans le demi-jour, elles regardaient sous le nez les hommes à grand chapeau breton, -guettant là, pour voir si le mari, ou le fils, était enfin sorti des tavernes, s'il irait faire sa journée de travail. L'homme couché dans le ruisseau fut aussi examiné par elles ; deux ou trois se baissèrent pour mieux distinguer sa figure. Elles virent des traits jeunes, mais durcis, et comme figés dans une fixité...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...dans ses yeux, qui étaient durs pourtant à cette faiblesse-là... peut-être serait-on encore un peu indulgent pour lui à cause de sa bonne conduite à bord, de son courage à la peine et de son rude travail dans les mauvais temps. - si c'était possible, -si on ne lui donnait pas une punition trop grave, il est certain qu'il ne recommencerait plus et se ferait tout pardonner. C'était une grande...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...tenir, et maintenant il fallait, coûte que coûte, marcher droit contre le vent, à cause de terres douteuses qui pouvaient être là, derrière nous. Il y avait deux heures que les gabiers étaient à ce travail, aveuglés, cinglés, brûlés par tout ce qui leur tombait dessus, gerbes d'écume lancées de la mer, pluie et grêle lancées du ciel ; essayant, avec leurs mains crispées de froid qui saignaient, de...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...embarcations qu'il avait fallu ressaisir . Ils se coulèrent par le panneau entre-bâillé qui se referma sur eux et vinrent se mêler à cette misère flottante. Ils avaient passé cinq heures à leur rude travail, balancés dans le vide, éventés par les grands souffles furieux de là-haut, et tout trempés par cette pluie fouettante qui leur avait brûlé le visage. Ils firent une grimace de dégoût en pénétrant...


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